Dératisation : rats et souris
La réglementation a changé : les anticoagulants ne sont plus en vente libre et l'appâtage permanent est interdit. Ce qui remet au premier plan la seule méthode réellement durable — fermer les accès.
Rat ou souris : le tableau qui tranche
L'identification n'est pas un détail : la taille des appâts, le calibre des pièges, le diamètre des accès à colmater et le comportement face à la nouveauté diffèrent complètement d'une espèce à l'autre.
| Critère | Souris domestique | Rat brun (surmulot) |
|---|---|---|
| Corps | 7 à 10 cm | 20 à 27 cm |
| Crottes | 3 à 8 mm, en grain de riz | 15 à 20 mm, en noyau d'olive |
| Passe par un trou de | 6 mm | 20 mm |
| Où on la trouve | Cloisons, plafonds, meubles de cuisine | Caves, sous-sols, égouts, extérieur |
| Bruit | Grattements fins et aigus | Déplacements lourds, rongements sonores |
| Face à la nouveauté | Curieuse : explore les objets nouveaux | Méfiante : évite plusieurs jours tout objet nouveau |
| Eau | Se contente de l'eau des aliments | Boit tous les jours |
Reconnaître les signes de présence
- Crottes fraîches — souples et brillantes ; sèches et cassantes, elles témoignent d'un passage ancien.
- Traces de rongement sur les emballages, les plinthes, les gaines électriques.
- Coulées : passages sombres et gras le long des murs, dus au frottement répété du pelage.
- Bruits nocturnes dans les cloisons ou les combles, généralement au crépuscule et avant l'aube.
- Odeur d'urine ammoniacale, marquée en cas de forte présence.
- Nids : amas de papier déchiqueté, d'isolant ou de tissu, dans un recoin peu accessible.
Ce que la réglementation autorise encore
C'est le point que la plupart des articles en ligne n'ont pas mis à jour, et il change la manière de traiter.
- Les produits à 0,003 % ou plus de substance active anticoagulante ne sont plus vendus au grand public : leur emploi est réservé aux professionnels.
- L'appâtage permanent est interdit pour les principaux anticoagulants — bromadiolone, difénacoum, brodifacoum, difhéthialone. Autrement dit, on ne laisse plus des postes d'appâtage toxiques en place « au cas où » : le traitement chimique doit être curatif, limité dans le temps, et les appâts doivent être retirés ensuite.
- L'approbation européenne de ces substances a été prolongée jusqu'au 31 décembre 2026, ces molécules répondant à des critères d'exclusion du règlement biocides. Leur avenir réglementaire reste donc incertain.
La méthode, dans le bon ordre
L'ordre compte davantage que les produits. Éliminer les rongeurs présents sans fermer les accès garantit une réinfestation : la ressource qui les a attirés est toujours là.
- Supprimer la ressource. Denrées en contenants rigides, poubelles fermées, croquettes rangées la nuit, compost clos, fuites d'eau réparées. C'est l'étape la plus efficace et la moins pratiquée.
- Colmater les accès. 6 mm suffisent à une souris, 20 mm à un rat. Laine d'acier ou grillage métallique fin dans les passages de canalisations, bas de portes, grilles d'aération, joints de dilatation. En logement collectif, voir notre guide souris en appartement. Le silicone et la mousse expansive seuls sont rongés en quelques nuits.
- Piéger. Pièges mécaniques posés perpendiculairement aux murs, sur les coulées, en nombre. Contre le rat, laissez les pièges non armés deux ou trois jours pour lever la méfiance avant de les activer.
- Recourir au chimique si nécessaire, par un professionnel, en postes sécurisés, de façon curative et temporaire — puis retirer les appâts.
- Contrôler et entretenir. Vérification des colmatages, surveillance des traces fraîches pendant plusieurs semaines.
Risques sanitaires et matériels
Le risque sanitaire principal en France est la leptospirose, transmise par contact avec de l'eau ou des surfaces souillées d'urine de rongeurs, notamment lors du nettoyage de caves inondées ou de locaux souillés. Portez gants et masque, humidifiez les déjections avant de les ramasser plutôt que de les balayer à sec, et ne les aspirez pas.
Le risque matériel est sous-estimé : les rongeurs entretiennent leurs incisives en rongeant, y compris des gaines électriques et des canalisations. Départs de feu et dégâts des eaux figurent parmi les conséquences documentées d'une infestation prolongée en combles ou en sous-sol.
Qui est responsable, qui paie
En location, l'obligation de délivrer et de maintenir un logement exempt d'infestation d'espèces nuisibles et parasites pèse sur le bailleur, au titre de la loi ELAN. Les règlements sanitaires départementaux imposent en outre aux propriétaires de prendre les mesures nécessaires contre les rongeurs, et aux occupants de ne pas créer les conditions qui les attirent.
En copropriété, le traitement des parties communes, des locaux poubelles et des réseaux relève du syndicat des copropriétaires. Comme pour les blattes, un traitement limité à un seul logement dans un immeuble infesté n'a pratiquement aucune chance d'aboutir : la démarche auprès du syndic fait partie du traitement.
Questions fréquentes
Comment savoir si j'ai des rats ou des souris ?
La taille des crottes tranche immédiatement : celles d'une souris mesurent 3 à 8 mm et ressemblent à des grains de riz noirs, celles d'un rat 15 à 20 mm, de la taille d'un noyau d'olive. Le bruit diffère aussi : la souris produit de petits grattements aigus, souvent dans les cloisons, tandis que le rat génère des déplacements lourds et audibles, plutôt en sous-sol ou dans les combles.
Le mort-aux-rats est-il interdit en France ?
Il n'est pas interdit, mais son usage est fortement restreint. Les produits contenant 0,003 % ou plus d'anticoagulant ne peuvent plus être vendus au grand public et sont réservés aux professionnels. Surtout, l'appâtage permanent, c'est-à-dire le maintien préventif de postes d'appâtage toxiques en continu, est désormais interdit pour les principaux anticoagulants. Le traitement chimique doit être curatif, limité dans le temps et suivi d'un retrait des appâts.
Qui doit payer la dératisation dans un logement loué ?
Le bailleur. La loi ELAN impose de délivrer et de maintenir un logement exempt de toute infestation d'espèces nuisibles et parasites, et les règlements sanitaires départementaux imposent par ailleurs aux propriétaires de prendre les mesures de lutte contre les rongeurs. En copropriété, le traitement des parties communes et des réseaux relève du syndicat des copropriétaires.
Combien de temps faut-il pour se débarrasser des rats ?
Comptez deux à quatre semaines pour une infestation domestique traitée correctement, davantage si la source est extérieure ou collective. Le point déterminant n'est pas la vitesse d'élimination mais l'obturation des accès : sans colmatage, une nouvelle population réoccupe les lieux en quelques semaines, la ressource alimentaire étant inchangée.
Les rats sont-ils dangereux pour la santé ?
Ils peuvent transmettre plusieurs agents pathogènes, dont la leptospirose, qui se contracte au contact d'eau ou de surfaces souillées par leur urine, et contaminer les denrées alimentaires. Ils causent en outre des dégâts matériels notables en rongeant gaines électriques et canalisations, avec un risque d'incendie et de dégât des eaux.
Sources
- Réglementation des produits rodenticides anticoagulants — restrictions d'usage et interdiction de l'appâtage permanent — Agence européenne des produits chimiques (ECHA) / réglementation biocides UE 528/2012 , 2026
- Leptospirose — transmission et prévention — Santé publique France , 2026
- Règlement sanitaire départemental type — lutte contre les rongeurs — Légifrance , 2026